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Le développement de l’Afrique (1) : Une Afrique mal équipée

Université de Szeged, Hongrie

J’ai eu la chance d’effectuer un voyage d’étude en Europe et j’ai l’impression que mon Afrique ne bouge pas assez vite  alors que le monde  évolue.

Des pays qui  comme l’Afrique  étaient en développement dans les années 1960,  deviennent des puissances et reviennent en Afrique tels des conquérants (Chine, Inde, Brésil…).

Le monde évolue, certains pour plus de puissance et de développement, mutualisent efficacement leurs atouts et se comblent leur déficits dans des institutions régionales efficaces et visionnaires (Exemple  l’Union Européenne).

Sur le contient, le retard se sent à tous les niveaux. Certains pays semblent émerger du lot, toutefois, la tendance comparativement aux autres continents (Asie, Europe et Amérique) et pays (Chine, Inde, Brésil…), l’Afrique est en retard.  D’aucuns diront que L’Afrique a son propre rythme. Franchement ce rythme est déplorable.

Nous écrirons une série de plusieurs billets afin d’aborder le thème développement de l’Afrique dans son ensemble.  Ce premier article  présentera juste le décor.

C’est quoi donc le développement ? Dans quelles mesures devons-nous affirmer que l’Afrique est en retard ?

 

Le développement qui peut être défini comme la satisfaction des besoins fondamentaux de l’homme. C’est donc un processus cumulatif de long terme. Le développement est donc le processus par lequel un pays est institutionnellement fort, a des infrastructures appropriés,  une croissance économique durable, autonome et convenablement répartie entre groupes sociaux et entre individus et un développement social et culturel approprié.
Dans ce contexte le développement a une dimension économique (la croissance), mais aussi englobe les notions de sécurité humaine.

Les institutions de la république corrompues et à la solde d’un groupe d’individu

Toutes les institutions dans la plupart des pays du continent sont en pannes. Le système judiciaire surveillant des droits et garant de paix et socle du développement équitable, est souvent sujet à des corruptions et est souvent à la solde du président de la république. Le média est muselé et fait face à des difficiles budgétaires et à des menaces de tout ordre dans l’exercice de leur fonction de surveillance gouvernementale et d’information au peuple. Ainsi, nous assistons à la fermeture de ses médias qui tente de mettre leur nez dans la gestion intègre du pouvoir.

La gestion du pouvoir est à la fin personnelle. Ainsi les dictatures plombent le développement du continent. L’armée républicaine est partisane et toute l’administration corrompue.

Le continent fait face aussi  à un  problème d’insécurité énorme dû souvent la corruption et aux manques de toutes sortes lesquels sont dus à la pauvreté ambiant.

Les infrastructures et Sur le plan Économique

Le contient manque des infrastructures de développement. Les routes en bon états sont très rares et les zones de production agricoles sont très mal desservies. Les nids de poules sont légions dans sur les peu routes du continent et les accidents sont récurrents, de véritables mouroir.

Il n’a que peu de communication entre les pays du continent. Il n’y a pas des routes à caractères régionales, ni des chemins de fer. De plus les pays du continent n’ont qu’un seul aéroport par pays.

Le continent manque d’écoles et d’université pour former les élites de la nation. Ainsi, plus la moitié du continent est analphabète. Aucune politique solide pour aider à remédier à ce taux d’alphabétisation très bas.

Le continent manque des infrastructures sanitaires, le peuple se soigne mal et ses hôpitaux manquent de tout. Et les dirigeants se font soigner à l’étranger.

Les ressources minières des pays sont mal gérées et dans une opacité totale. Ses ressources sont dans les mains des étrangers qui appuient le pouvoir en place dans leurs malversations économiques. Le continent manque d’industries pouvant employer les jeunes. Car l’industrialisation qui doit soutenir le développement n’a jamais eu lieu en Afrique comme cela se devrait.

L’agriculture l’activité principale des pays est mal outillée et archaïque. Les terres agricoles sont cédées comme des petits pains à des expatriés créant ainsi un autre problème social. La plupart de la population ainsi, vive sous le coup de la pauvreté.

Le chômage est bat le record sur tout le continent.

Sur le plan social et culturel

L’africain est en panne d’identité.

 

Quelles sont les causes de ce retard ?

 

 

Quand la coopération internationale apporte du concret à la population : Cas de la GIZ

les facilitateurs ProFoPEJ 2016
Formation des artisans Kpalimé

La GIZ  (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit) en français la coopération allemande m’a fait l’honneur ainsi qu’à une vingtaine d’autres jeunes de suivre une formation internationale de facilitateur sur la FODA (Formation en Développement d’Affaire), après une rigoureuse épreuve de sélection. Ceci,  dans le cadre de son programme ProFoPEJ (Programme de Formation Professionnelle et Emploi des Jeunes. Cette formation a eu lieu en Mars 2016 dans les locaux du programme sis à Bè Châteaux (Lomé). Elle a été dispensée par  Mme GHLELELA  Imen une experte tunisienne en andragogie et Mr KOMINA Tchaa Aboume Manager et directeur du cabinet d’expertise JGIK-EC.

C’est nanti d’une nouvelle approche de formation que nous nous lancés sur le terrain pour apporter du concret aux artisans, patrons d’entreprise, aux paysans et aux jeunes entrepreneurs. Nous avons une semaine pour leur apporter des connaissances manquantes pour leur pleine participation à l’émergence économique du pays.

formation des jeunes
formation des jeunes

Une section de formation  FODA  sur le terrain se déroule comme évoqué précédemment sur une semaine. Elle est prise en charge par la GIZ. Au cours de cette semaine, les participants découvrent par eux-mêmes à travers des études de cas, des jeux de rôles, la photolangage, des démonstrations … la vie d’un entrepreneur. Ils étudient aussi par les mêmes activités  leurs potentiels marchés tout en faisant une étude technique et financière minutieuse.

Notre nouvelle approche FODA est destinée à tous les niveaux.

Une section de formation regroupe 25 participants et est encadrée par 2 voire 3 facilitateurs. Un facilitateur sénior un facilitateur junior et un coach superviseur. A la fin de la section, nous facilitateurs faisons un travail de suivi dans la rédaction et dans la concrétisation des projets.

Ce qui est le plus à encourager, est que pour la journée mondiale de la femme rurale, une série de formation a été organisée par GIZ à travers son programme ProCIV (Programme Centre d’Innovations Vertes) en vue de financer des initiatives innovantes dans les campagnes togolaises. C’est dans ce contexte   que j‘étais en Juin COACH au côté des facilitateurs Mr AGBEKO Kokou Fritz et EDOH Abra Dzifa de l’ONG GRED Togo.

Les jeunes retenus pour être facilitateurs
Les jeunes retenus pour être facilitateurs

Aujourd’hui, ProFoPEJ et ProCIV ont formé en FODA près de 1 000 artisans, jeunes, patrons d’entreprises et paysans. Vivement que les autres ambassades emboitent le pas aux allemands en donnant la chance à la jeunesse togolaise en quête  d’emploi d’avoir des formations pratiques et usuelles afin d’aller exécuter sur le terrain leurs approches de développement.

Journée mondiale du refus de la misère

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De tout temps, la chose la plus difficile, c’est d’être au pied du monde alors qu’on peut avoir le monde à ses pieds. La misère conçue sous toutes ses formes (état d’extrême pauvreté, de faiblesse, d’impuissance, ou de manque grave) est l’apanage des pays du tiers monde dont nous faisons partie et n’a que pour seule source le manque de ressources financières.
Des études longues, suantes, usantes et onéreuses couronnées par des diplômes dits universitaires mais infructueuses faute d’emplois. Cet emploi qui les crée ? Une vie de soumission, monotone et misérable par manque de ressources financières, des mères vaillantes se levant à quatre heures et se couchant à minuit, travailleuses comme des fourmis mais aux espoirs annihilés par l’endettement notoire de leurs époux et aux bouches trop nombreuses à nourrir. Ici, le monde rural dont il est question ce sont elles les hommes de famille. Des rêves brisés faute de soutiens lesquels poussent la jeunesse à devenir bon gré mal gré des poètes à plumes mélancoliques. Nos interminables litanies à qui les chanterions-nous? Nos mélodrames qui les écouteront ? La réponse est sans équivoque : Personne, si nous ne consentons pas le minimum d’effort. Ne dit-on pas souvent que « Aides-toi et le ciel t’aidera ? » Nous, jeunes

entrepreneurs du Togo regroupés au sein d’une association du nom de « GBODEMEFE » avions eu la perspicacité de flairer de loin cette calamité qui s’abattrait sur nous. Ensemble nous avions dit NON ! À la misère. Nos champs d’actions sont entre autres, un projet d’assistance technique et économique au monde rural lequel, octroie de petits crédits aux femmes vertueuses de notre milieu afin qu’elles puissent développer et fructifier leurs petits commerces.
Pour nous , l’auto emploi demeure la meilleure chance de refuser la misère. Ainsi, nous formons des jeunes ruraux en entrepreneuriat avec un minimum de soutien financier qui leur permet de lancer leurs jeunes entreprises sur de bons rails. Tous ces projets ont été rendu capable grâce à la minorité que nous sommes, mais nous savons que plus nous serons nombreux à combiner nos efforts, moins la misère s’étendra dans nos sociétés. Formons de petites poches d’emplois, vulgarisons l’auto emploi encourageons nos jeunes frères et sœurs à se réunir en coopérative pour mieux s’entraider. Notre cri de guerre en cette journée mondiale du refus de la misère est « Un pour Tous, et Tous contre la misère ! »

 

Quand l’ANPE s’intéresse de près à l’agropastoral

AMOUSSOUKOPE

Le dernier vendredi du ramadan, le directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), Edmond Comlan Amoussou et ses collaborateurs ont visité des fermes agricoles dans la préfecture d’Agou, spécialement dans la localité d’Amoussou Kopé.

En effet, tous  les acteurs du développement se rendent compte aujourd’hui qu’il n’y a pas de développement économique sans une révolution agricole. Et aussi dans un futur très proche, les meilleurs emplois ne viendront que du monde rural.

C’est bien conscients de ces réalités que le directeur général de l’ANPE,  Edmond Comlan Amoussouet ses collaborateurs se sont déplacés pour visiter la ferme Société coopérative simplifiée (SCoopS) dénommée « Casa Kondo ». Suivis par les jeunes de Gbodemefe ,ils se sont également rendus dans la ferme des bonnes sœurs de la Congrégation des Sœurs hospitalières. Un domaine situé dans la préfecture d’Agou, plus précisément à Amoussou Kopé.AMOUSSOUKOPE1

Saluant les efforts fournis par un petit groupe d’hommes et de femmes organisés, le directeur général s’est surtout penché sur la productivité et les opportunités d’emplois de la première ferme spécialisée dans la transformation des noix de palme en divers produits (huile de palme, savon…). Il s’est aussi montré attentif et admiratif face à la créativité de la seconde ferme. La ferme des bonnes sœurs de la Congrégation des Sœurs hospitalières offre tout un éventail des cultures possibles dans la région., et se positionne pionnière dans la localité.

« C’est surtout de nouveaux emplois pour les jeunes et un moyen de gagner en expériences tant pour les férus de la chose agricole que pour les futurs agronomes » a estimé le directeur de l’ANPE.

DOGBLE Komi Fiagan

La promesse (seconde partie)

une vieille moto
une vieille moto

 

Le lendemain, je partageai ma promesse et mes rêves avec un autre ami : Boga. Celui-ci les apprécia, me félicita et voulut aussi profiter de ma moto. Je lui proposai de prendre en charge le carburant, ce qu’il accepta rapidement avec plaisir. Il proposa aussi de passer l’emprunter de temps à autre pour ses courses personnelles. Ce que je ne pus lui refuser, lui qui me donnait du pain noir en période de vache maigre et me ressourçait en période de sécheresse. Et comme c’était le jour suivant seulement que mon oncle Mawuli viendrait à la capitale acheter une nouvelle moto et me remettrait l’ancienne, je demandai par manque et par profit à Boga de me donner comme première paye de carburant, deux mille francs CFA afin qu’en possession de la moto à la station du bus, je puisse le remplir d’essence. Il me les remit sans broncher, sachant qu’il conduira ma moto en contrepartie. Toute la journée, j’étais heureux. Aussi heureux que les fidèles de l’église Emisda qui louent le Seigneur pour ses bienfaits. La nuit, le jour refusait d’apparaître. L’angoisse prit place dans mes pensées et prit en captivité mon attention et surtout mon sommeil. Je repassais mentalement le film de la gloire que je me suis bâtie le jour. Je crus que le jour n’apparaîtrait jamais. Je m’encourageai par cet adage : « Quelle que soit la durée de la nuit, le jour apparaîtra ». Je ne vis même plus le jour apparaitre. Une légère et surprenante somme me transporta dans une révélation festive dans laquelle je filais à vive allure avec cinq vahinés toutes plus belles les unes que les autres sur ma selle quand subitement l’une d’entre elles me mit la main à l’aisselle pour me faire rire. Je me réveillai en sursaut. Oups ! Quelle était la fin ?

 
C’est à quatorze heures que nous devrions nous voir à la station principale. Je pris rapidement mon bain en marmonnant quelques hymnes à la gloire de Dieu Tout-Puissant qui me fit grâce de cette journée et surtout j’espérais fort, à une belle moto. Je m’y présentai à dix heures précises. Car cet oncle, enseignant de son état, avait fait de la ponctualité et du respect du temps fixé ses leitmotive. Et pour un léger retard, je risquais de ne plus être à moto. Cela, tout mon être ne pouvait le supporter. J’attendais, attendais encore, onze heures, bientôt quatorze heures me rassurais-je. Quand tout d’un coup, mon portable se mit à sonner. Je décrochai sans voir préalablement l’émetteur puis-qu’ayant les yeux rivés sur une des voitures qui débarquait une moto, quand je reconnus la voix de mon oncle. La tonalité de cette voix parlait d’elle-même. Elle était navrée pour un fait que je ne tarderai à apprendre. Devrait-il tarder à venir ou quelque chose lui était-il arrivé en chemin ? Cette fraction de seconde, mieux cette tierce qui sépara nos deux « allô » me fortifia sur toute éventualité, sauf pour une perte possible de moto.
Allo !
Allo !
Hum ! Sam on a volé la moto.
Quoi ? mes yeux se sont mis à couler d’eux-mêmes. Comme cherchant par là, à laver mon âme de ce rêve, de cette vision réaliste qu’elle s’insinua en elle, et s’en étant totalement imbibée. Elle qui se disait et enfin un, qui va à coup sûr se réaliser pour son confort et sa dignité.
Oh ! Sam pleures-tu ? Quelle question ? m’étais-je dit. Quel étudiant de ce pays ne pleurerait pas pour une promesse de moto avérée qui par miracle avortée.
Non oncle! je repoussai mes morves qui tentaient de s’écouler de mes narines.
Mais ne pleure pas. On a arrêté le voleur.
Quoi ? Vous l’avez appréhendé ?
Oui. Viens à Atakpamé régler cette histoire toi-même. Je vais te payer le déplacement. Le sourire chassa de droit les pleurs. L’espoir reprit sa place et cet optimisme propre à ceux qui ont tout perdu, me gagna. Ce qui me fit dire que je reviendrai ce soir à moto.
Ok ! je pars tout de suite.

 
Que mes ennemis sont méchants! Que le diable était jaloux de mon changement de statut ! Il voulait à tout prix m’empêcher d’atteindre mon rêve, mon salut. Je priai tout au long du trajet. Je liais par ma prière le diable et ses acolytes et ressassai le « Notre Père » jusqu’à ce que le sommeil ne me dérobe dans cette cabosse de voiture roulant à tombeau ouvert.
A mon arrivée vers dix sept heures, mon oncle me présenta Jo et me dit que ce fut lui qui captura le voleur en fuite et qu’il était sans moto. Je replongeai en l’espace de quelques secondes dans le noir. Et il continua en disant que le voleur se trouvait à la gendarmerie et qu’il disait qu’il avait remis la moto à ses complices qui étaient partis la vendre au Ghana voisin. Mais il n’aurait reçu avant son arrestation aucun pécule. Quand la police fit une descente dans la maison des complices, ils ont disparu. Jo se proposa devant mon oncle et moi de nous retrouver la moto où qu’elle se cachait. Et qu’il ira au fin fond des contrées à ses frais pour retrouver la moto à mon oncle car c’était lui qui l’avait enseigné jusqu’à ce qu’il n’obtienne son Certificat d’Études de Premier Degré (CEPD). Je ne puis dormir cette nuit pour deux raisons. La première, j’avais changé de logis ; la seconde, je pensais à ce bonheur retardé, à ce rêve simple et léger compliqué par la vie et le temps, me prouvant une fois de plus que le facteur temps n’était et ne serait jamais l’allié des hommes et que la vie, jamais et au grand jamais ne serait facile. Je revisitai la facilité de cette promesse et en déduisit une action occulte.

 
Le lendemain, vers midi, Jo entra dans la concession de mon oncle tout excité au moment où il prenait tranquillement son déjeuner. A cet instant, je tentais de suivre un film ; film en réalité qui me dégoûtait fortement. Rien, ni personne ne fera mon bonheur si ce n’est une moto. Je fus appelé et Jo nous rapporta qu’il avait trouvé la moto au Ghana et qu’il faut que j’aille vérifier si c’est bien elle. Comme je ne connaissais guère ce pour quoi je fantasmais, mon oncle alla et s’assura que c’était bien elle, ma belle, ma moto. Que faire alors ? Les personnes détentrices de la moto disaient qu’elles l’avaient achetée hier à cent cinquante mille francs et qu’il fallait apporter au moins cent mille francs pour la reprendre et nous aurons tous deux perdu un peu d’argent, car disaient-ils : « Une farine renversée et ramassée ne pouvait plus remplir le bol », et qu’il nous fallait l’accepter ainsi. Ils nous expliquèrent clairement qu’aucun soldat togolais ne pouvait les arrêter, puisqu’ils étaient comme ceux du Ghana corrompus. Et si nous voulions revoir la moto, il nous fallait juste donner l’argent. Mon oncle me proposa cinquante mille francs et à moi grand étudiant, futur propriétaire de la moto, il me revint de chercher l’autre moitié. Et quelle moitié ? Moi qui n’avais point un franc.
Je revins à Lomé, et expliquai la situation aux amis. Kodzo et Boga me prêtèrent chacun dix mille francs et comme les aides accordées aux étudiants sont disponibles, je récupérai les trente mille francs que j’y ajoutai. Le compte était bon.

 
Le jour suivant, nous nous rendîmes au Ghana, la somme sérieusement préservée par Jo. Nous vîmes le frère de l’acheteur de notre moto. Il nous expliqua que son grand frère était parti à Dénou (marché) acheter un truc et qu’il reviendra bientôt et si nous le voulons, nous pouvons l’attendre ou nous pouvons déposer l’argent et les papiers de la moto et quand il reviendra on les lui remettra pour vérification. Après quoi, il laissera la porte ouverte quand il ressortira et nous pourrions simplement prendre notre moto. Jo me montra par la fenêtre la moto, ma moto. Franchement je fus déçu. La carrosserie semblait être éprouvée par les années d’usage et que dirions-nous du moteur ? Il sera tout autant éprouvé. Jo préféra laisser l’argent pour des raisons de sécurité parce que selon lui, les trafiquants qui opèrent à la frontière et entre les deux pays pouvaient nous le prendre de force. De plus, il avait un rendez-vous urgent à la maison. Le soir, nous reviendrons chercher ma laide, ma vétuste, ma hideuse moto.
Sauf que ce fut la dernière fois que nous vîmes Jo. Et la concession où s’étaient logés les acheteurs de ma moto n’avait jamais existé. Ce fut un taudis aménagé pour la circonstance. J’ai donc compris pourquoi nous ne devrions pas vendre la peau de l’ours sans l’avoir tué. Mon oncle et moi, nous nous mordîmes les doigts en nous rappelant cette sagesse africaine qui disait : « Lorsque l’épervier capture un poussin, on ne lui lance pas le reste des œufs ». Je l’appris à mes dépends. Je n’eus plus envie de rentrer chez moi de peur que les moqueries et mes dettes ne me plongent dans une dépression sans précédent.