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La promesse (seconde partie)

une vieille moto
une vieille moto

 

Le lendemain, je partageai ma promesse et mes rêves avec un autre ami : Boga. Celui-ci les apprécia, me félicita et voulut aussi profiter de ma moto. Je lui proposai de prendre en charge le carburant, ce qu’il accepta rapidement avec plaisir. Il proposa aussi de passer l’emprunter de temps à autre pour ses courses personnelles. Ce que je ne pus lui refuser, lui qui me donnait du pain noir en période de vache maigre et me ressourçait en période de sécheresse. Et comme c’était le jour suivant seulement que mon oncle Mawuli viendrait à la capitale acheter une nouvelle moto et me remettrait l’ancienne, je demandai par manque et par profit à Boga de me donner comme première paye de carburant, deux mille francs CFA afin qu’en possession de la moto à la station du bus, je puisse le remplir d’essence. Il me les remit sans broncher, sachant qu’il conduira ma moto en contrepartie. Toute la journée, j’étais heureux. Aussi heureux que les fidèles de l’église Emisda qui louent le Seigneur pour ses bienfaits. La nuit, le jour refusait d’apparaître. L’angoisse prit place dans mes pensées et prit en captivité mon attention et surtout mon sommeil. Je repassais mentalement le film de la gloire que je me suis bâtie le jour. Je crus que le jour n’apparaîtrait jamais. Je m’encourageai par cet adage : « Quelle que soit la durée de la nuit, le jour apparaîtra ». Je ne vis même plus le jour apparaitre. Une légère et surprenante somme me transporta dans une révélation festive dans laquelle je filais à vive allure avec cinq vahinés toutes plus belles les unes que les autres sur ma selle quand subitement l’une d’entre elles me mit la main à l’aisselle pour me faire rire. Je me réveillai en sursaut. Oups ! Quelle était la fin ?

 
C’est à quatorze heures que nous devrions nous voir à la station principale. Je pris rapidement mon bain en marmonnant quelques hymnes à la gloire de Dieu Tout-Puissant qui me fit grâce de cette journée et surtout j’espérais fort, à une belle moto. Je m’y présentai à dix heures précises. Car cet oncle, enseignant de son état, avait fait de la ponctualité et du respect du temps fixé ses leitmotive. Et pour un léger retard, je risquais de ne plus être à moto. Cela, tout mon être ne pouvait le supporter. J’attendais, attendais encore, onze heures, bientôt quatorze heures me rassurais-je. Quand tout d’un coup, mon portable se mit à sonner. Je décrochai sans voir préalablement l’émetteur puis-qu’ayant les yeux rivés sur une des voitures qui débarquait une moto, quand je reconnus la voix de mon oncle. La tonalité de cette voix parlait d’elle-même. Elle était navrée pour un fait que je ne tarderai à apprendre. Devrait-il tarder à venir ou quelque chose lui était-il arrivé en chemin ? Cette fraction de seconde, mieux cette tierce qui sépara nos deux « allô » me fortifia sur toute éventualité, sauf pour une perte possible de moto.
Allo !
Allo !
Hum ! Sam on a volé la moto.
Quoi ? mes yeux se sont mis à couler d’eux-mêmes. Comme cherchant par là, à laver mon âme de ce rêve, de cette vision réaliste qu’elle s’insinua en elle, et s’en étant totalement imbibée. Elle qui se disait et enfin un, qui va à coup sûr se réaliser pour son confort et sa dignité.
Oh ! Sam pleures-tu ? Quelle question ? m’étais-je dit. Quel étudiant de ce pays ne pleurerait pas pour une promesse de moto avérée qui par miracle avortée.
Non oncle! je repoussai mes morves qui tentaient de s’écouler de mes narines.
Mais ne pleure pas. On a arrêté le voleur.
Quoi ? Vous l’avez appréhendé ?
Oui. Viens à Atakpamé régler cette histoire toi-même. Je vais te payer le déplacement. Le sourire chassa de droit les pleurs. L’espoir reprit sa place et cet optimisme propre à ceux qui ont tout perdu, me gagna. Ce qui me fit dire que je reviendrai ce soir à moto.
Ok ! je pars tout de suite.

 
Que mes ennemis sont méchants! Que le diable était jaloux de mon changement de statut ! Il voulait à tout prix m’empêcher d’atteindre mon rêve, mon salut. Je priai tout au long du trajet. Je liais par ma prière le diable et ses acolytes et ressassai le « Notre Père » jusqu’à ce que le sommeil ne me dérobe dans cette cabosse de voiture roulant à tombeau ouvert.
A mon arrivée vers dix sept heures, mon oncle me présenta Jo et me dit que ce fut lui qui captura le voleur en fuite et qu’il était sans moto. Je replongeai en l’espace de quelques secondes dans le noir. Et il continua en disant que le voleur se trouvait à la gendarmerie et qu’il disait qu’il avait remis la moto à ses complices qui étaient partis la vendre au Ghana voisin. Mais il n’aurait reçu avant son arrestation aucun pécule. Quand la police fit une descente dans la maison des complices, ils ont disparu. Jo se proposa devant mon oncle et moi de nous retrouver la moto où qu’elle se cachait. Et qu’il ira au fin fond des contrées à ses frais pour retrouver la moto à mon oncle car c’était lui qui l’avait enseigné jusqu’à ce qu’il n’obtienne son Certificat d’Études de Premier Degré (CEPD). Je ne puis dormir cette nuit pour deux raisons. La première, j’avais changé de logis ; la seconde, je pensais à ce bonheur retardé, à ce rêve simple et léger compliqué par la vie et le temps, me prouvant une fois de plus que le facteur temps n’était et ne serait jamais l’allié des hommes et que la vie, jamais et au grand jamais ne serait facile. Je revisitai la facilité de cette promesse et en déduisit une action occulte.

 
Le lendemain, vers midi, Jo entra dans la concession de mon oncle tout excité au moment où il prenait tranquillement son déjeuner. A cet instant, je tentais de suivre un film ; film en réalité qui me dégoûtait fortement. Rien, ni personne ne fera mon bonheur si ce n’est une moto. Je fus appelé et Jo nous rapporta qu’il avait trouvé la moto au Ghana et qu’il faut que j’aille vérifier si c’est bien elle. Comme je ne connaissais guère ce pour quoi je fantasmais, mon oncle alla et s’assura que c’était bien elle, ma belle, ma moto. Que faire alors ? Les personnes détentrices de la moto disaient qu’elles l’avaient achetée hier à cent cinquante mille francs et qu’il fallait apporter au moins cent mille francs pour la reprendre et nous aurons tous deux perdu un peu d’argent, car disaient-ils : « Une farine renversée et ramassée ne pouvait plus remplir le bol », et qu’il nous fallait l’accepter ainsi. Ils nous expliquèrent clairement qu’aucun soldat togolais ne pouvait les arrêter, puisqu’ils étaient comme ceux du Ghana corrompus. Et si nous voulions revoir la moto, il nous fallait juste donner l’argent. Mon oncle me proposa cinquante mille francs et à moi grand étudiant, futur propriétaire de la moto, il me revint de chercher l’autre moitié. Et quelle moitié ? Moi qui n’avais point un franc.
Je revins à Lomé, et expliquai la situation aux amis. Kodzo et Boga me prêtèrent chacun dix mille francs et comme les aides accordées aux étudiants sont disponibles, je récupérai les trente mille francs que j’y ajoutai. Le compte était bon.

 
Le jour suivant, nous nous rendîmes au Ghana, la somme sérieusement préservée par Jo. Nous vîmes le frère de l’acheteur de notre moto. Il nous expliqua que son grand frère était parti à Dénou (marché) acheter un truc et qu’il reviendra bientôt et si nous le voulons, nous pouvons l’attendre ou nous pouvons déposer l’argent et les papiers de la moto et quand il reviendra on les lui remettra pour vérification. Après quoi, il laissera la porte ouverte quand il ressortira et nous pourrions simplement prendre notre moto. Jo me montra par la fenêtre la moto, ma moto. Franchement je fus déçu. La carrosserie semblait être éprouvée par les années d’usage et que dirions-nous du moteur ? Il sera tout autant éprouvé. Jo préféra laisser l’argent pour des raisons de sécurité parce que selon lui, les trafiquants qui opèrent à la frontière et entre les deux pays pouvaient nous le prendre de force. De plus, il avait un rendez-vous urgent à la maison. Le soir, nous reviendrons chercher ma laide, ma vétuste, ma hideuse moto.
Sauf que ce fut la dernière fois que nous vîmes Jo. Et la concession où s’étaient logés les acheteurs de ma moto n’avait jamais existé. Ce fut un taudis aménagé pour la circonstance. J’ai donc compris pourquoi nous ne devrions pas vendre la peau de l’ours sans l’avoir tué. Mon oncle et moi, nous nous mordîmes les doigts en nous rappelant cette sagesse africaine qui disait : « Lorsque l’épervier capture un poussin, on ne lui lance pas le reste des œufs ». Je l’appris à mes dépends. Je n’eus plus envie de rentrer chez moi de peur que les moqueries et mes dettes ne me plongent dans une dépression sans précédent.

La promesse (première partie)

martin luther king
martin luther king

Un jeudi soir, après les cours, j’eus part à la promesse. Elle me fut faite par téléphone. Je me reposais sur ma natte tendue sous le manguier central de la maison. Je relaxais mes pauvres jambes qui souffraient le martyr, après avoir fait en l’espace de quatre heures un aller et retour « maison, université, maison ». Dix kilomètres environ à pied. Quelle euphorie ! Quelle joie ! J’ai pris ma jambe au cou comme si de rien n’était. Je courus d’abord chez Kodjo mon meilleur ami. Il me félicita chaleureusement et me rappela les merveilles que j’aurai à tirer de ce présent, ne sachant pas qu’il prêchait un convaincu, je souris et lui dis merci. Je partageai ensuite mon heureux évènement avec Lae, une voisine qui faisait mon cœur battre la chamade. Tout heureux je revins sur ma natte la tête dans les nuages. J’entrevis le profond changement que cette promesse apporterait dans ma vie. Je me vis sur tous les plans couvert de gloire.

 
Désormais, mes sandales dureront plus de deux semaines, et les semelles de mes cuirs hérités cesseront de s’user du côté droit. Enfin, ma dignité me reviendra et tous le verront. Je ne serai plus, au grand jamais entassé comme des bêtes de somme dans leur bus d’étudiants vétuste et tout cabossé. Personne ne me ferait plus aligner comme des poilus dans les tranchets de la grande guerre pour m’étouffer et m’infecter dans un bus me menant à un hypothétique temple de savoir. Ce sera aussi, la fin pour les moqueries et les dénigrements venant de toute la population. Ces moqueries comme : « Oh ! mi kpo wo da si gbé sardine néné » (Oh ! Regardez les, ils sont entassés dans ce bus comme des sardines dans une boîte » et à l’autre de rétorquer : « Ha ha ha ha ! Sardine tchan ami va yina wa wéa aya mou va lé yi tchan o » (Rire ! même dans une boite de sardine, il y a l’huile qui circule. Mais eux, ils n’ont même pas d’air). Et quand ces insultes et dénigrements viennent des moins que soi ; les Zémidjan mans (taxis moto), et des enfants de barrons de la république, les rejetons de la castre au pouvoir, les mêmes qui nous punissent, cela faisait atrocement mal. Plus jamais ça. C’est fini les détournements de regard dans le bus à la vue d’une conquête et d’une personne connue. Aucune aisselle ne me sera plus imposer par manque de place à humer son odeur puante dans aucun bus. Aucun délégué de bus par mon refus de ne plus reculer ne m’injuriera plus et ne me fera plus sortir du bus. Plus jamais dans la vie. Je ne patienterai plus des heures à attendre un bus rendant l’âme sur le chemin. Je n’accuserai non plus de retard au cours. Je n’aurai plus droit aux pierres jonchant nos amphis. Je serai parmi les premiers au cours me targuant des places d’honneur, les places de devant. Plus de faveur de place à demander à qui que se soit. Désormais, je ne serai plus acheteur de place pour mieux suivre. J’en serai vendeur. Je serai le tout premier au cours et j’étalerai mes cahiers, voire de simples papiers pour me garantir toutes les places. Oui je le ferai et je serai même devant l’amphi. Je me voyais déjà collectant l’argent à tout étudiant voulant s’asseoir pour suivre le cours. Adieu problème d’argent !

 
Oui j’ai tout planifié, tout quantifié et tout programmé. J’ai planifié le jour même que j’entrerai dans cette promesse faire le tour du quartier afin de m’afficher sur mon présent à ses vieilles mégères, commères, mémères nous catapultant sans aucun argument crédible, nous étudiants dans la catégorie PPTE (Personnes Pauvres et Très Endettées) nous, refusant non seulement la compagnie de leurs belles et tendres filles, mais aussi et surtout de nous vendre à crédit leurs marchandises. Je leur montrerai mon changement de statut, mon évolution en grade, mon changement de niveau. Et elles conseilleront ma compagnie à leurs rejetons et m’inviteront à acheter à crédit. J’ai même décidé que le tout premier dimanche de la réception de cette promesse, j’irai à la messe, moi qui n’y allais plus. Je rendrai témoignage devant toute l’assemblée juste pour montrer à tous surtout à notre pasteur et à ces quelques fidèles me faisant des œillades quand le pasteur faisait l’allusion : « Ils sont dans l’église mais ont refusé de se donner totalement à Dieu. C’est pourquoi, on les voit marcher de la ville à la banlieue, on voit les pauvres étudiants marcher du campus à la maison ». Moi qui n’étais connu de tous et par tous que sur l’étiquette d’étudiant, pourquoi n’aurais je pas honte ? Il continue ; « Au même moment, il y a parmi eux comme le frère Gagédédé qui sont bénis et ils ont leur propre moto. Repentez vous, acceptez Christ comme votre seul et unique sauveur et abandonnez la fornication, sinon vous allez marcher jusqu’à ce que vos talons ne s’usent». Drôle et sacré pasteur ! Je te montrerai que le fruit de la repentance avait enfin touché ma vie. Et que « les fruits du Saint-Esprit commencent par se révéler dans ma vie » comme tu aimais si bien le dire. Et à tes fidèles, je leur dirai, par ce témoignage de regarder autres personnes que moi, car je ne suis plus la bonne. Comme on le dit si bien chez nous : « L’habit cousu par le pasteur ne me sied plus. » J’avais pris la ferme résolution que chaque vendredi, je repasserai au point de ralliement du bus estudiantin. Pas pour me moquer des frères et sœurs, ni pour jeter sur eux des regards de déshérités qu’eux-mêmes franchement ne sauraient cacher puisqu’on ne peut pas cacher sa nudité à son seau disait une sagesse africaine. Mais plutôt je poserai celui de la compassion et de la pitié. Heureuse sera la plus ravissante, la plus séduisante des beautés, car, elle sera élue et partagera ma selle pour cette matinée seulement. Et après chaque cours, j’avais prévu faire du bien et me faire du bien le jour du jugement dernier. J’avais prévu acheté un agenda le lendemain avec mon dernier pécule, un tout nouveau agenda, tout beau tout gris sur lequel serait dessiné une jolie moto, hum ! Que j’en rêve. Dans ce dernier, je comptais marquer à l’encre indélébile les « Que Dieu te bénisse » que les remorquages des amis étudiants dénudés de tout sou et arpentant le chaud soleil m’auront proclamé avec ou sans foi. Enfin qu’au jour du jugement dernier, quand le bon Dieu se tromperait dans son addition, que je puisse avec preuve réclamer mon dû.

 
Je vis par procuration ma popularité, et me dis qu’à tout égard je l’aurais méritée. Sur ma natte j’ajustai mon buste, fermant légèrement les paupières, avalai cette salive que seule des évènements et des plats suaves amènent à la bouche et sortis légèrement ma langue pour lécher ma barbichette en guise d’appétit. Je repartis de plus belle dans mes délires, non dans mes rêves ; mieux dans mes planifications, qui comparativement aux milliers d’autres qui me passaient par mes neurones, celles-ci étaient réelles et avaient une chance cette fois de s’accomplir. J’entendis en esprit mon portable usé et moribond sonner intempestivement suite aux appels des minettes qui voulaient de moi. Ce portable qui, jamais ne connaissait de femmes et qui toujours en parlait avec envie, se préparait à être violé. Oh ! Que de plaire ! Violez-moi, violez, pourvu que vous soyez belles et tendres. Violez-moi mais avec mon consentement. Oh ! Quel rêve en instance, deviendra réalité ! Je me revois baladant dans les travées du campus avec mon bijou, mon amour, ma moto. Je revoyais combien d’étudiantes ratatinées par la faim, fauchées par les pléthores de photocopies et achevées par le transport, s’adonnant malgré elles, à une si longue marche ; râpant leur entre-jambes comme le goudron râpe la peau après un accident. Je les voyais se bousculer pour monter sur ma moto peu importe ma condition, et ma récompense. Et moi, je n’en chargerai qu’une par jour. Et une de prise sera une d’oubliée. J’aurai enfin une petite amie. Car elle ne repartira plus à pied et sans sous après l’amour. Et les autres, jalouses de leur sœur, croiront qu’elle roule sur de l’or et se découvriront qu’après tout c’est de la pacotille. En tout cas, j’en aurai profité au grand bonheur de ma chair et de mon âme.

 
Les week-ends, surtout les samedis, je prévoyais rendre visite à mes parents afin d’avoir un peu d’embonpoint. Remédier à ce manque vitaminique qui affichait mes ossatures d’étudiants telles celles d’un prisonnier de Gondwana. J’aurai en permanence de quoi manger puisque sitôt que mes vivres s’épuiseraient, que je rapatrierai de nouveau en vitesse auprès des parents. Adieu farine de manioc, adieu haricot, sachez que votre combinaison m’avait toujours dégoutée, c’est par absence de tout autre mets qu’il paraissait que je vous aimais. Je ne vous avais jamais aimés. C’est dit ! J’ai désormais de quoi me déplacer et j’aurai enfin de quoi bien me nourrir. Et si tout paraît difficile et que les parents s’avèrent incapables de m’être d’une aide quelconque, je ferai Zémidjan (taxi moto). Adieu soucis d’argent, adieu tout besoin.

 

Et tous les dimanches, quand la ferme et ses montagnes m’auront refusé leurs belles verdures teintées de leurs parfums suaves, j’irai en mer. Bras dessus bras dessous, et me voilà dans le camp prestigieux des romantiques de la capitale et comme eux, je téterai les lèvres de ma dulcinée en présence de cette foule déchaînée et dépravée sans foi ni loi, sans respect ni pudeur, sans crier gare à ma dignité. Et comme eux, je donnerai et recevrai des mots d’amour. Moi qui suis un sentimental né, un poète à la plume envoûtante. Tels étaient mes programmes.