La production d’ananas au Togo

19 décembre 2013

La production d’ananas au Togo

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Manger équilibré, est ce gage nutritionnel, qui nous permet d’être en bonne santé et  d’éviter les carences vitaminiques. Il est donc important et exigé cinq fruits et légumes par jour pour  éviter la malnutrition surtout au niveau des enfants.
Notre pays, doté d’un climat favorable, guinéen au sud et soudanien au nord, nous cultivons divers fruits surtout des ananas. Source de revenu et d’emploi pour la population. Mais cette filière rencontre des manques et des difficultés de tout genre pour son émergence.

Production

L’ananas est un fruit monocotylédone de la famille des broméliacées. Sa multiplication est asexuée, il existe cinq grand types de cultivars : Cayenne, Spanish, Queen, Pernambouco, Pérolia. Au Togo, on trouve très majoritairement deux genres (famille) : la famille Cayenne, en particulier la variété Cayenne lisse et l’Abacaxi (Brazza).

L’ananas est produit dans l’Ouest de la région Maritime et dans le Sud de la région des Plateaux :

– Zolo : Préfecture d’Avé, zone de plaine, à 50 km de la côte. Très ensoleillée et moins pluvieuse (900 à 1100 mm de pluie par année), elle se caractérise par de grandes parcelles et des cultures variées (tubercules et céréales). Janvier est le mois de récolte intense.

–  Blifou : Préfecture de Kloto, Zone  montagneuse où la plupart des champs occupent des terrains pentus. L’ananas y est parfois associé avec de l’arachide ou du manioc pendant la première partie de son cycle. Les températures sont inférieures dans cette zone, l’ensoleillement plus faible à certaines périodes de l’année, mais les précipitations sont optimales (supérieures à 1400). Le gros des récoltes se fait au mois de juin.

– Plateaux de Danyi : zone voisine de Blifou, elle jouit des conditions pédoclimatiques que celle-ci. C’est en novembre que se situe l’optimum de la production. Ce décalage de récolte par rapport à Blifou est dû à leur calendrier agricole.

Toutes ces localités plantent pour cela de faibles densités, de 35 000 à 40 000 pieds par hectare selon les observations réalisées sur le terrain. En culture associée, la densité de pieds d’ananas est de 16 000 pieds/ha. Il s’agit généralement des exploitations familiales de petite taille, dépassant rarement l’hectare. Par ailleurs, nous avons des groupements et des coopératives qui s’adonnent à cette culture. Ils exploitent en moyenne quatre (4) hectares.
Cette   production pour la plupart se fait selon les normes de l’Agriculture biologique. En effet, la majorité des exportateurs recherchent des ananas biologiques. Ainsi, l’usage  d’intrants chimiques est limité voire interdit. Dans ce cas, l’engrais vert est utilisé pour engraisser le sol.
Pour  agréer et certifier une production biologique de l’ananas au Togo, un seul opérateur est certifié, il s’agit d’Ecocert Afrique de l’Ouest (basé au Cameroun). Cet opérateur effectue des contrôles réguliers, inopinés ou non. Le premier de ces contrôles vise à une description détaillée de   l’unité de production et à des recommandations, afin d’éviter toute entorse aux règlements. Ceci est très important pour une exportation de ce fruit.

 

Utilisation de l’Ananas

En tout, plus de 600.000 tonnes d’ananas sont produits chaque année au Togo. Plus de la moitié est  consommée par la population, et les prix varient selon le poids du fruit. Il va de 150 à 225 F CFA l’unité. Nous en exportons aussi. En effet, le marché mondial s’élevait à 6,4 millions de tonnes, les filières d’exportation concernaient 44% de la production en 2004. Sur ce marché la consommation en frais ne concerne que 20%, le reste étant transformé en jus, en conserve ou autres produits plus marginaux comme les ananas séchés.  L’Afrique de l’Ouest exporte essentiellement des ananas frais, les leaders sur la production transformée sont les pays asiatiques (Py, 1984). L’Europe importe environ 500 000 tonnes d’ananas frais par an, dont 1 333 tonnes proviennent du Bénin en 2006 (Fruitrop, 2007) et 348 tonnes du Togo en 2001 (Fruitrop, 2002).
Ainsi, pour transformer l’ananas au Togo, nous avons des sociétés comme : Tropic Bio, Setrapad, Safleg, Biotogo,  ProNatura. Et toutes ces sociétés ne jurent que par bio. Leur prix d’achat varient de 80 à 100 FCFA/kg (0,122 à 0,152 €/kg) selon l’éloignement géographique entre les producteurs. La demande d’ananas est saisonnière, du mois d’août au mois de mars. (Sources)

Contraintes liés à la production

Les enquêtes ont montré au Togo que, l’accès à la terre et aux crédits, les infrastructures et l’analphabétisme constituent les véritables contraintes au développement de cette filière. Il est impossible pour des producteurs rencontrés, ainsi que pour des fermes de disposer de vastes superficies allant d’une dizaine d’hectare pour leur culture.
Les exploitants ont un accès limité aux crédits. Et quand ils arrivent à en bénéficier, le taux de remboursement (8 ou 12% tous les 6 mois) constitue un handicap sérieux pour la mise en culture.
La faiblesse des infrastructures routières et l’état de nos routes posent un problème de desserte.
Ceci dit, cette filière manque cruellement d’accompagnements, tant financier que technique, créant des dommages dans la production et au niveau de la conservation des récoltes.

Perspectives

Dans la même optique que le Programme National d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA) qui, accorde une place importante à la diversification des cultures, l’émergence de la filière ananas résultera des initiatives diverses :

 Encourager une production écologiquement responsable et économiquement viable en contrepartie des crédits aux producteurs.

    Toucher les collectivités locales pour améliorer  l’accès à la terre.

    Limiter les exigences des financiers (Banques, Micro-finances) en terme de garantie  pour faciliter l’accès aux crédits des paysans ;

     promouvoir les coopératives agricoles dans un souci de recadrer la filière (fixation des prix de vente, partage des connaissances, faciliter l’accès aux crédits, développer des structures locales de transformation).

    Mettre à la disposition des agriculteurs des techniciens agricoles et des agronomes ; innovation en terme des variétés résistantes aux agresseurs naturels et aux variabilités climatiques afin d’éviter les risques de perte de production.

     Proposer  des cours d’alphabétisation aux agriculteurs.

    Continuer sur la voie de construction des routes et leurs améliorations.

     Et améliorer la politique nationale agricole.

En somme, la mise en œuvre de ces propositions sera un facteur indispensable pour le développement de la filière ananas, gage du développement agricole et de la diversification des revenus des ménages ruraux.

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